| |
Grotte
de Ain Nouissy : une merveille naturelle
Le mois de novembre 2008 j'ai décidé
avec un ami Yacine d'aller voir l'entrée de cette grotte,
celle que l'on appelle la grotte de Ain-Nouissy. Hors il existe
plusieurs entrées pour cette grotte, la plus impressionnante
est celle qui domine le village pas loin de la carrière
d'argile, j'ai pris plusieurs photos (A voir ici). Un simple
lancé de pierre dans la grotte (en vertical) pour tester
sa profondeur m'a tout de suite donné la réponse,
je n'ai pas pu entendre l'impact de la pierre au fond de la
grotte, témoin de sa profondeur !
En discutant avec les habitants du village, on m'affirma qu'un
ancien du village a essayé d'y descendre dernièrement.
Il raconte avoir vu de magnifiques stalactites et stalagmites,
des galeries souterraines avec des ruisseaux d'eaux chaudes
mais un éboulement l'a empêché d'aller
plus loin et de voir ce fameux lac souterrain. Après
l'indépendance un groupe d'habitants lâchèrent
un chien à l'entrée de la grotte sud, celui-ci
ressortit une semaine plus tard à plus de 2 km de l'une
des autres entrées de la grotte, preuve que des galeries
immenses existent sous terre et surtout de l'eau et des ruisseaux.
Après avoir fait quelques recherches dans les archives
de l'APC et grâce à l'aide de mes amis j'ai réussi
à rassembler quelques documents concernant cette merveille
naturelle. Pour vous en faire profiter voici un résumé
des informations obtenus :
Au-dessus de Ain Nouissy, une chaine de collines
culminant à 250 mètres d'altitude forme en quelque
sorte la bordure sud du plateau de Mostaganem. Ces collines
comptent, au point de vue géologique, parmi les terrain
les plus anciens de l'Afrique du Nord. Elles remontent, en
effet, à l'époque tertiaire (âge de l'éocène)
comme en témoignent les bancs fossiles coquiliers qui
existent encore. Constituées presque essentiellement
par du gypse et des calcaires plus ou moins purs, et plus
ou moins colorés, elles offrent la même particularité
que les célèbres plateux des Causses, c'est
à dire qu'elles sont creusées de nombreux gouffres
ou avens (sortes de puits au diamètre variable mais
n'excédent jamais six mètres de diamètre).
Certains de ces gouffres sont comblés en partie, d'autres
possèdent une profondeur très importante. Il
n'est pas rare de voir l'orifice de plusieurs d'entre eux
masqué par les branches d'un thuya ou d'un figuier
poussé dans l'infrastructuosité de la roche.
C'est dans l'un de ces gouffres que les anciens du village
prétendaient avoir découvert jadis une galerie
donnant accès à un lac soutérrain, mais
ils ajoutaient avec juste raison que ce lac était très
difficile à atteindre.
Expédition
dans les grottes
(sources : Archives S. Daoui)
(Instituteur en 1952)
Le matin du 12 février 1952,
huit d'entre (groupe local de Mostaganem) recommençaient
une fois de plus cette belle exploration; l'après-midi,
guidés par les jounes scouts, l'instituteur et quelques
personnes du village tentaient à leurs tour l'exploration
d ce gouffre donnant accès à une grotte merveilleuse,
qui pour n'être pas aussi grandiose que la grotte de
l'Aïdour fait de la diversité étonnante
des stalactites qui tapissent les parois des différentes
salles et de leur blancheur éclatante. On s'engage
dans la grotte par un gouffre de un à deux mètre
de diamètre et on prend pied dix mètres plus
bas. On suit alors un couloir assez court, mais rapide, qui
mène dans la salle numéro un très étroite,
mais haute. Les parois de cette salle sont tapissées
d'une floraison de stalactites. de véritables grappes
de pierre ornent les murs. Sans nul doute, il s'est produit
là le phénomène classique, propre aux
concrétions calcaires : l'eau d'infiltration chargée
de calcaire suinte aux voûtes de la grotte, le gaz carbonique
qu'elle contenait se dégage et le calcaire se dépose
en formant un cône, appelé stalactite, qui prend
de la voûte. Il ne semble pas qu'il y ait de stalagmites,
le sol étant constitué par des matériaux
détritiques. Dans certaines fissures, les cristaux
de calcaire se sont agglomérés autour d'un noyau
de gypse et la cassure se révèle une double
cristallisation. En d'autres endroits, nous verrons de superbes
fers de lance former, avec les concrétions calcaires,
un ensemble d'un heureux effet. On quitte cette salle pour
descendre encore presque verticalement dans une deuxième
salle très haute, mais étroite, dont les murs
se creusent de niches, de petites nefs et d'étroits
boyaux littéralement constellés d'une draperie
de pierre. Les stalactites ressemblent dans cette salle à
des pompons de neige en bouquets, d'une richesse incroyable.
Certains couloirs sont entièrement garant d'une dentelle
où se croise une extraordinaire floraison d'aiguilles
de pierre dont certaines sont de dimensions appréciables,
de roses épanouies, de pompons immaculés qui
nous arrachent des cris d'admiration.
Une série de couloirs merveilleusement ornés,
mais étroits d'un mètre à peine, nous
conduisent toujours en contrebas à la salle numéro
trois, aux parois verticales d'une pureté incroyable
dans laquelle est enchâssé, comme dans un écrin,
un lac à l'eau limpide comme du cristal (10m sur 6m
et 5,70m de profondeur), dans laquelle se reflètent
les tentures, les clochetons et les aiguilles de la voûte
qui semble être très haute. L'effet est féerique.
L'eau d'un lac est foide et semble devoir être de même
composition que celle de la source captée à
la carrière de plâtre[...] Nous le surplombons
de 4 à 5 mètres et il ne faut pas songer à
y descendre car il recouvre tous le sol de la cavité.
|
|
|
 |
|

En suivant la paroie abrupte de cette salle,
exercice périlleux car il faut surplomber
le lac sur une étroite corniche pas plus
large que le pied, on atteint un couloir qui conduit
à la dernière salle, la plus vaste
de toutes. Elle mesure au moins dix mètres
de diamètre pour une hauteur de 15 mètres,
peut-être plus.[...]La fantaisie de la nature
a fait de cette salle une pure merveille. Le calcaire
tapisse entièrement la voûte et les
parois de flocons de neige et de magnifiques stalactites
qui, en des endroits, forment dans la paroi des
niches et des ogives. Un second lac, qui doit
certainement communiquer avec celui dela salle
numéro trois sans que l'on puisse l'affirmer,
occupe en partie cette salle. Nous sommes environ
à trente-cinq mètres de profondeur,
peut-être plus, et la totalité de
la corde a été utilisée.
Il faudra revenir pour explorer le deuxième
lac, et, si possible, naviguer dessus avec un
canot pneumatique pour voir s'il est réellement
le terminus de la grotte. Mais notre foie est
grande car le résultat dépasse nos
espérances. La grotte du mont Chegga peut
rivaliser avec la grotte de l'Aidour. Une perle
inéstimable vient enrichir la collection
de la spéléologie. Elle est en quelque
sorte un abrégé joli d ses rivales
de la Métropole, et parce que telle, il
serait véritablement dommage de ne pas
l'aménager à l'instar de celle de
l'Aïdour pour en permettre à tous
la visite sans danger et sans fatigue
Récits : A 60 mètres sous
terre de Ain Nouissy, des jeunes spéléologues
explorent un gouffre
La colline dominant le village de Ain nouissy
a servi de champ d'action à un groupe de
jeunes spéléologue amateurs qui
sont descendus reconnaître plusieurs gouffres
dont les plus petits ne dépassent pas 40
mètres et dont certains demeuraient en
partie inéxplorés. Un jour, il descendirent
à 60 mètres pour atteindre une grande
excavation constituant le fond d'un puit étroit.
Sur la paroi de micaschiste, ils purent lire à
la lueur des lampes électriques cette inscription
en gros caractères :"FRED 1860"
(Nota : c'est le nom d'un instituteur du village
pendant la période coloniale 1860). Il
faut d'abord pénétrer dans une faille
de 1,50m de diamètre. La descente s'effectue
verticalement dans une sorte d'entonnoir étroit
aux parois rugueuses en calcaire, recouvertes
partiellement de mousse. Nous atteignons sans
peine la première plate-forme à
vingt mètres de l'orifice. Là, pour
continuer la progression, l'utilisation des cordes
et des lampes deviennent nécessaire.
Nous pénétrons, avec assez de difficultés,
dans une galerie très étroite et
légèrement melinée, surplombant
une excavation abrupte. L'obscurité est
complète. Au bout d'une dizaine de mètre,
nous arrivons dans une petite salle longue de
sept mètres dont les parois humides et
blanches reflètent la lueur de nos lampes;
nous reconnaissons le schiste. Puis nous sommes
contraints d'emprunter un boyau très étroit
dans lequel nous progressons en rampant pour atteindre,
cinq mètres plus loin, une cheminée
descendant à la verticale. Là, les
stalactites font leurs apparition et à
l'aide de cordes, 25 mètres plus bas, nous
nous trouvons dans une grande salle longue d'une
quinzaine de mètres et jonchée de
pierres sur lesquelles on remarque une grande
quantité de stalagmites en formation. Cette
grotte donne sur un lac profond de 3 mètres
environ et dont l'eau est très claire.
La nappe, d'une largeur de 3 mètres est
divisée par des éboulis en trois
bassins succéssifs. Nous traversons les
deux premiers, également longs de quatres
mètres, sur une passerelle de fortune construite
à l'aide des troncs de figuiers qu'il a
fallu descendre depuis la surface. Il reste à
franchir la dernière nappe, longue de sept
mètres, et cet obstacle sera passé
à la nage. Nous poursuivons ensuite l'excursion
par une galerie qui remonte en pente assez accentuée
sur une trentaine de mètres et dont les
parois sont recouvertes de superbes stalactites.
Tout à coup, la progression s'arrête,
il n'y a plus d'issue, c'est le fond du gouffre
et de nombreuses chauves-souris de très
fortes dimensions, qui sont les seuls habitants
de ces lieux ténébreux, nous accueillent
de leurs cris stridents. Il a fallu environ quatre
heures pour faire cette excursion souterraine.
|
|
|